Exercice 2 sur 13
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Exercice de l'ancrage
Associer une sensation ou une émotion à une action. L'ancrage est un raccourci pour l'auto-hypnose.
✓ Exercice fait
Déroulé
- Demander au patient quelle sensation ou émotion il veut ressentir
- Produire cette sensation par une technique d'hypnose (souvenir, lieu...)
- Faire monter la sensation à son intensité maximale, puis réaliser l'ancrage (plusieurs fois si besoin)
- Faire profiter
- Débrief, et vérifier que l'ancrage fonctionne
Consignes
Nouvelles consignes :
- « Dans quelques instants, vous allez associer cette sensation à un geste, une image ou une musique. »
- Réaliser l’ancrage au moment de plus forte intensité émotionnelle : « Au moment où la sensation sera à son intensité maximale, vous pourrez [geste, image, son]. »
- On ancre une sensation ou une émotion corporelle.
L’action peut être n’importe quel élément du PAVTOG : serrer le poing, faire se toucher deux doigts, une posture, regarder ou penser à une image, écouter ou penser à une musique, un son…
Consignes connues (9)
- Parler au présent, en « vous » ou « tu »Pas de « je » ni de « on ».
- Utiliser les mots du patientRester fidèle au récit, respecter la chronologie sans tout énumérer.
- « Peut-être », « vous pouvez »Formulation permissive.
- Rester congruent et s’harmoniser avec le patientPara-verbal en accord avec ce que l’on suggère ; harmonisation dès l’anamnèse.
- Signal de communication« Au moment où..., vous pourrez me le signifier. » Si c’est un geste, donner plusieurs exemples : tête, doigt, main...
- Ratifier« Très bien », « voilà », « oui », « super », « vous faites du bon travail ». Para-verbal congruent.
- S’adapter à la respiration, laisser des silencesParler pendant le temps expiratoire, se laisser des silences pour donner du temps d’intégration.
- Vocabulaire vague et flou« Particulier », « [sensation] », « agréable » : penser à la classe d’un élément plutôt qu’à l’élément.
- Utiliser différentes suggestionsDirecte, indirecte, questionnement, couvrant toutes les possibilités, séquence d’acceptation, double lien, truisme, impliquante, omission, intercontextuelle, post-hypnotique.
Anti-sèches
La technique de l'ancrage
Un conditionnement : associer une sensation ou une émotion à une action
L’ancrage est un conditionnement (le chien de Pavlov). L’action peut être n’importe quel élément du PAVTOG :
- Proprioceptif ou toucher : serrer le poing, faire se toucher deux doigts, une posture…
- Visuel : regarder ou penser à une image.
- Auditif : écouter ou penser à une musique, un son.
Très utile pour que le patient refasse rapidement de l’auto-hypnose : l’ancrage est un raccourci.
Les 5 étapes :
- Demander au patient quelle sensation ou émotion il veut ressentir.
- Produire cette sensation par une technique d’hypnose (souvenir, lieu…).
- Faire monter la sensation à son intensité maximale, puis réaliser l’ancrage, plusieurs fois si besoin.
- Faire profiter.
- Débrief, et vérifier que l’ancrage fonctionne.
Phrases clés : « Dans quelques instants, vous allez associer cette sensation à un geste, une image ou une musique. » « Au moment où la sensation sera à son intensité maximale, vous pourrez [geste, image, son]. » On ancre une sensation ou une émotion corporelle.
L'induction et le PAVTOG
Objectif de l'induction : changer de sensorialité. C'est l'échauffement.
P, A, V, T, O, G (CITAC, Jean Becchio) :
- P, proprioception : « Vous pouvez ressentir la position de votre corps sur la chaise ainsi que votre équilibre. »
- A, auditif : « Vous pouvez entendre les différents sons de la pièce ainsi que le son de ma voix qui vous accompagne. »
- V, visuel : « Vous pouvez fixer un point au mur ou fermer les yeux pour observer ce qui se passe derrière vos paupières. »
- T, toucher : « Vous pouvez ressentir le contact de vos mains sur vos jambes, de votre corps sur le fauteuil. »
- O, olfactif : « Vous pouvez sentir certaines odeurs. »
- G, gustatif : « Vous percevez peut-être certains goûts au niveau de vos papilles. »
Pourquoi le PAVTOG et pas le VAKOG : kinesthésie = sensations du mouvement de son corps (top-down) ; proprioception = sensibilité profonde de la position des parties du corps (bottom-up) ; plus le toucher (bottom-up). Le « canal sensoriel préférentiel » de la PNL est un neuromythe (Geake, 2008).
D’autres inductions :
- Focalisation sur un point au mur (par exemple avec une mobilisation).
- Focalisation sur la respiration : thorax, ventre, épaules…
- Focalisation sur les sons : modulation des sons.
Il existe une infinité d’inductions. L’intérêt réel de l’induction est discuté (Jensen et al., 2017) : quid de la suggestion seule ?
Phrases de début et de fin
Exemples de phrases de départ et de terminaison
Phrase de départ :
« Je vous laisse vous installer dans la position qui vous convient le mieux. Pendant l’exercice, je vais vous donner des consignes en lien avec votre objectif, et votre but est de chercher activement à les mettre en place. »
Phrase de terminaison, version longue :
« Quand vous voudrez, à votre rythme, vous pourrez prendre 3 grandes inspirations pour terminer l’exercice, ouvrir les yeux, vous étirer, bâiller, et reprendre le cours de cette journée. »
Phrase de terminaison, version courte :
« Quand vous voudrez, à votre rythme, vous pourrez prendre 3 grandes inspirations pour terminer l’exercice, et rouvrir les yeux. »
Les 11 suggestions
« L'acte par lequel une idée est introduite dans le cerveau et acceptée par lui. » Bernheim, 1886
Récapitulatif, sur la même sensation :
- Directe : « Vous ressentez cette sensation. »
- Indirecte : « Vous pouvez ressentir cette sensation. »
- Questionnement : « Je me demande à quel moment vous allez ressentir cette sensation. »
- Couvrant toutes les possibilités : « Vous sentez cette sensation particulière, spécifique… ou encore autre chose. »
- Séquence d’acceptation : « Vous êtes assis sur cette chaise, vous respirez et vous sentez cette sensation. »
- Double lien : « Vous allez pouvoir ressentir cette sensation maintenant ou dans quelques instants. »
- Truisme : « C’est vraiment une sensation confortable de se détendre. »
- Impliquante : « Plus vous respirez, plus vous ressentez cette sensation. »
- Par omission : « Pour ressentir cette sensation, vous savez qu’il est important de… »
- Intercontextuelle : « Chacun des sons que vous percevez vous permet un peu mieux de ressentir cette sensation. »
- Post-hypnotique : « À n’importe quel moment où vous aurez besoin de sentir ces sensations, vous pourrez refaire cet exercice. »
Le détail
1. Directe. Formule affirmative, à l’impératif, au présent ou au futur. Travailler le para-verbal pour éviter le caractère autoritaire. « Fermez les yeux. » « Vous installez ces changements maintenant. »
2. Indirecte. Formulation permissive : « vous pouvez », « peut-être ». « Certaines personnes préfèrent faire les exercices d’hypnose en fermant les yeux. » « Il est peut-être plus facile de fermer les yeux pour s’imaginer certaines formes ou couleurs. »
3. Questionnement. Invite le patient à se poser la question ; n’implique pas une réponse mais oriente le focus attentionnel. « Je me demande à quel moment… » « Je suis curieux de savoir… »
4. Couvrant toutes les possibilités. Tellement large qu’elle marche à tous les coups. Vocabulaire vague et flou, « …ou encore autre chose ». « Une plage de sable, peut-être de galets, peut-être de rochers… ou encore autre chose. » « La température spécifique, particulière, idéale, que vous aimez. » « La juste luminosité qui vous convient. »
5. Séquence d’acceptation (yes set, pied dans la porte). Une suggestion qui décrit une vérité générale, à laquelle le patient répond oui quasi automatiquement, puis la suggestion que l’on veut proposer. « Vous êtes assis sur cette chaise, vous êtes en train de respirer, et vous vous sentez bien. »
6. Double lien (double contrainte). Un choix illusoire qui utilise un présupposé. « Tu préfères ranger ta chambre maintenant ou dans 5 minutes ? » « Tu peux ressentir ce qui se passe dans ta jambe droite en fermant les yeux ou en les gardant ouverts. » On peut combiner : « Je suis curieux de savoir si vous êtes plutôt détendu dans le haut du corps… ou plutôt dans le bas du corps… ou alors dans tout le corps » = questionnement + double lien + toutes les possibilités.
7. Truisme (lapalissade). Une vérité générale, si vague que chacun s’y reconnaît. « Tout ce qui est fait est fait. » « C’est vraiment très confortable de se détendre. » « Continuez de ressentir ce que vous êtes en train de ressentir. »
8. Impliquante. Associer deux idées qui n’ont pas de lien. Structures : « et quand… vous pourrez », « et plus… plus vous… », « chaque… vous permet de… ». « Et quand vous soufflerez, vous pourrez ressentir cette sensation très agréable à l’intérieur de vous. »
9. Par omission. Omettre une possibilité, c’est laisser le patient la compléter. Tintin et… Printemps, été, automne… « Quand on cherche à se détendre, c’est vraiment très important de… » Se termine par un silence, puis une ratification, et on enchaîne.
10. Intercontextuelle. Intégrer le contexte, être « utilisationnel », stabiliser l’exercice. « Et pas à pas, vous cheminez vers votre objectif » (bruit de pas). « Et cette grande inspiration que vous venez de réaliser vous permet de bouger de manière encore plus fluide. » « Et maintenant que j’ai rapproché le tabouret, je vais encore mieux pouvoir vous accompagner. »
11. Post-hypnotique. Un effet après l’exercice. « Ces sensations vont pouvoir peut-être durer pendant les prochaines minutes, les prochaines heures ou encore les prochains jours. » « Vous savez qu’à n’importe quel moment, vous pouvez refaire cet exercice pour sentir ces sensations. »
Conseil d’apprentissage : vous êtes autorisé à ne pas avoir intégré toutes ces suggestions d’ici la fin des 3 jours. Notez 2 ou 3 suggestions à replacer dans les prochains exercices, un pense-bête dans un coin de la salle de consultation, le défi « suggestion de la journée ». C’est en suggérant qu’on devient…
Laissées au placard : les suggestions négatives paradoxales (« ne cherchez surtout pas à vous détendre »), de confusion, d’amnésie. Elles retirent du pouvoir au patient et flattent souvent l’ego des thérapeutes.
Ce que l'on retient
- Il faut réaliser l'ancrage au moment de la plus forte intensité émotionnelle.
- À l'issue de l'exercice, deux options : le patient ressent sa sensation à 100 %, il refait l'ancrage quand il en a besoin ; il la ressent entre 1 et 99 %, on refait l'exercice pour mieux ancrer l'action choisie.
- Trouver un ancrage « écologique », qui s'intègre facilement à l'écosystème du patient.
- Être vigilant aux actions utilisées dans d'autres contextes (interférences avec l'ancrage).
- Repérer les ancrages déjà présents chez les patients pour les optimiser.